10 septembre 2006

DECLARATION DU CHEF SEATLE AU PRESIDENT DES ETATS-UNIS — 1854

Expoindien2

En 1854, le président des Etats Unis fait cette proposition à une tribu indienne de la côte nord-ouest : "Vendez-nous la plus grande partie de vos terres et nous créerons pour vous une réserve."

Voici la réponse du chef indien :

"Comment pouvez-vous acheter ou vendre le ciel, la chaleur et la terre ? L'idée nous paraît étrange. Si nous ne possédons pas la fraicheur de l'air, le miroitement de l'eau, comment pouvez-vous les acheter ? Chaquel parcelle de cette terre est sacrée pour mon peuple. Chaque aiguilles de pin luisante, chaque rive sableuse, chaque lambeau de brume dans les bois sombres, chaque clairière et chaque bourdonnement d'insecte est sacré dans le souvenir et l'expérience de mon peuple. La sève qui coule dans les arbres transporte mes souvenirs de l'homme rouge. Les morts des hommes blancs oublient le pays de leur naissance lorsqu'ils s'en vont se promener parmi les étoiles. Nos morts n'oublient jamais cette terre magnifique, car elle est la mère de l'homme rouge. Nous sommes une partie de la terre et elle fait partie de nous. Les fleurs parfumées sont nos soeurs, le cerf, le cheval, le grand aigle, ce sont nos frères. Les crètes rocheuses, les sucs dans les prés, la chaleur du poney et l'homme — tous appartiennent à la même famille. Aussi, lorsque le Grand Chef à Washington envoie dire qu'il veut acheter notre terre, demande-t-il beaucoup de nous. Le Grand Chef envoie dire qu'il nous réservera un endroit de façon que nous puissions vivre confortablement entre nous. Il sera notre père et nous seront ses enfants. Nous considérons donc votre offre d'acherter notre terre. Mais ce n'est pas facile. Car cette terre nous est sacrée. Cette eau scintillante qui coule dans les ruisseaus et les rivières ne sont pas seulement de l'eau mais le sang de nos ancêtres. Si nous vous vendons de la terre, vous devez vous rappeler qu'elle est sacrée, et vous devez apprendre à vos enfants qu'elle est sacrée et que chaque reflet spécial dans l'eau claire des lacs parle d'évènements et des souvenirs dans la vie de mon peuple. Le murmure de l'eau est la voix du père de mon père. Les rivières sont nos frères, elles étanchent notre soif. les rivières portent nos canoes, et nourissent nos enfants. Si nous vous vendons cette terre, vous devez vous rappeler et l'enseigner à vos enfants que les rivières sont nos frères, et les vôtres, et vous devez désormais montrer pour les rivières la tendresse que vous montreriez pour un frère. Nous savons que les hommes blancs ne comprennent pas nos moeurs. Une parcelle de terre ressemble pour lui à la suivante, car c'est un étranger qui arrive dans la nuit et prend à la terre ce dont il a besoin. La terre n'est pas son frère, mais son ennemi, et lorsqu'il la conquise, il va plus loin. Il abbandonne la tombe de ses aieux et cela ne le tracasse pas. La tombe de ses aieux et le patrimoire de ses enfants tombent dans l'oubli. Il traite sa mère, la terre, et son frère, le ciel, comme des choses à acheter, piller, vendre comme les moutons ou les perles brillantes. Son appétit dévorera la terre et ne laissera derrière lui qu'un désert. Je ne sais pas. Nos moeurs sont différents des vôtres. La vue de vos villes fait mal aux yeux de l'homme rouge. Mais peut-être est ce parce que l'homme rouge est un sauvage et ne comprend pas. Il n'y a pas d'endroit paisible dans les villes de l'homme blanc. Pas d'endroit pour entendre les feuilles se dérouler au printemps, ou le froissement des ailes d'un insecte. mais peut-être est ce parce que je suis un sauvage et ne comprend pas. L'Indien préfère le son doux du vent s'élançant comme une flèche au-dessus de la face d'un étang et l'odeur du vent lui-même, lavé par la pluie de midi, ou parfumé par le pin pignon. L'air est précieux à l'homme rouge, car toutes choses partagent le même souffle : la bête, l'arbre, l'homme, ils partagent tous le même souffle. L'homme blanc ne semble pas remarquer l'air qu'il respire. Comme un homme qui mets plusieurs jours à expirer, il est insensible à la puanteur.Mais si nous vous vendons notre terre, vous devez vous rappeler que l'air nous est précieux, que l'air partage son esprit avec tout ce qu'il fait vivre. Le vent qui a donné à notre grand-père son premier souffle a aussi reçu son dernier soupir. Et si nous vous vendons notre terre,vous devez la garder à part et la tenir pour sacrée, comme un endroit où même l'homme blanc peut aller goûter le vent adouci par les fleurs des prés. Nous considérons donc votre offre d'acheter notre terre. Mais si nous décidons de l'accepter, j'y mettrai une condition : l'homme blanc devra traiter les bêtes de cette terre comme ses frères. Je suis un sauvage et ne connais pas d'autre façon de vivre. J'ai vu un millier de bisons pourissant sur la prairie, abandonnés par l'homme blanc qui les avait abattus d'un train qui passait. Je suis un sauvage et ne comprend pas que le cheval de fer fumant peut-être plus important que le bison que nous ne tuons que pour subsister. Qu'est ce que l'homme sans les bêtes ? Si toutes les bêtes disparaissaient, l'homme mourrait d'une grande solitude de l'esprit. Car ce qui est arrivé aux bêtes arrive bientôt aux hommes. Toutes choses se tiennent. Vous devez apprendre à vos enfants que le sol qu'ils foulent est fait des cendres de nos aieux. Pour qu'ils respectent ma terre est notre mère. Tout ce qui arrive à la terre, arrive aux fils de notre mère. Nous savons au moins ceci : La terre n'appartient pas à l'homme, l'homme appartient à la terre. Cela nous le savons. Toutes choses se tiennent comme le sang qui unit une même famille. Toutes choses se tiennent. Tout ce qui arrive à la terre arrive aux fils de la terre. Ce n'est pas l'homme qui a tissé la trame de la vie : il en est seulement un fils. Tout ce qu'il fait à la trame, il le fait à lui-même."

ps : Texte tout simplement magnifique que j'adore! A faire étudier de génération en génération
Indien_20et_20chien

Posté par I love youuu à 18:19 - Commentaires [0] - Permalien [#]


Commentaires sur DECLARATION DU CHEF SEATLE AU PRESIDENT DES ETATS-UNIS — 1854

Nouveau commentaire